Doctor Lass : « j’ai beaucoup appris avec Daara J. »

Originaire de MBatal, un petit village de la banlieue de Dakar, Doctor Lass est auteur, compositeur et interprète caractérisé par une voix puissante et atypique. Arrivé en France en 2007, il commence une carrière solo. Il se produit aussi bien en sound system qu’en formation acoustique guitare-voix. Entre 2007 et 2010, il fait de nombreux concerts en France et joue notamment les premières parties de Toots and the Maytals, Tinariwen, Capleton, Victor Démé ou encore Collie Buddz. En 2011, en recherche de nouvelles influences, il s’entoure d’un guitariste, d’un bassiste et d’un batteur pour former un band qui se nomme « Doctor Lass & The Jungle Juice ».


Bonjour et bienvenue Doctor Lass.
Bonjour.

Parle nous de tes débuts. Comment tu as contacté cette passion pour la musique ? Quels sont les artistes qui t’ont inspiré ?
Mon parcours musical a commencé dans le village de M’Batal au Sénégal. C’est là que j’ai commencé à suivre le mouvement Hip-Hop. Avec deux de mes amis, on avait monté un groupe de rap qui s’appelait Gnenegni. Au début, j’ai voulu faire du rap comme tout le monde mais je me suis vite rendu compte que je pouvais faire autre chose avec ma voix. J’ai commencé à aimer le reggae lorsque j’ai découvert un groupe Gambiens « Boms Africans » qui était venu enregistrer à Dakar. Je suis donc parti en Gambie où j’ai vraiment découvert la musique et commencer à composer des chansons. J’ai fait des petits concerts et des festivals au Sénégal. J’ai suivi pas mal de groupe comme Makkan J, Fafadi, Baire J, Ass Malick et j’ai beaucoup appris avec Daara J avant mon départ. En France, j’ai eu plusieurs groupes et j’ai fait pas mal de concerts : Toots & the Maytals, Tinariwen, Victor Demé, Daddy Nuttea… Puis, on a formé le groupe actuel : Doctor Lass & The Jungle Juice, avec qui, j’ai fait récemment les premières parties de Stephen Marley et Capleton.

D’où vient ton nom de scène, Doctor Lass ?
Mon prénom est Lassana donc Lass est le diminutif. Et le Doctor, il m’a été donné en Gambie par des amis qui aimaient bien mes mélodies : ils disaient les trouver « thérapeutiques ».

Tu es actuellement en concours pour la finale du tremplin nouveaux talents du TNT Festival en France alors que tes chansons sont en Wolof. Ce succès auprès d’un public français est-il une surprise pour toi ?
Depuis 5 ans que je joue en France, j’ai un public qui me suit en concert et en festival. Je pense que la langue n’est pas une barrière. La communication passe ailleurs : la musique, les rythmes, la danse … Souvent je donne au public l’idée générale du morceau afin qu’il en comprenne le message. Le public Français est assez mélomane, ils connaissent de grands artistes africains comme Youssou N’Dour, Touré Kunda, Ismaël Lo…

Tu restes encore très peu connu au Sénégal, comptes tu y remédier prochainement et nous faire profiter de ta musique ?
Oh, oui! J’ai hâte de faire découvrir ma musique à mon très cher Sénégal. Après avoir passé tant d’années hors du pays, j’aimerais bien rentrer pour montrer mon travail et mon expérience.

Crédits photo : DR

Comment vois-tu la musique sénégalaise dans son ensemble ?
La musique sénégalaise dans l’ensemble est vraiment riche de par sa diversité culturelle et aussi grâce à ses nombreux artistes et styles différents. Mais c’est un problème pour l’exportation, surtout les musiques modernes, je pense qu’il faudrait travailler notamment sur les arrangements. Les artistes Sénégalais ne sont pas assez soutenus par l’Etat, il n’existe pas de structure pour aider les artistes à s’exporter, pourtant aujourd’hui nous sommes les « ambassadeurs » de notre pays à l’étranger.

Pourquoi le choix du paysage français, songes tu un jour à te faire une vraie place dans le paysage sénégalais ?
La France n’a pas été un choix, je suis venu pour des raisons familiales, mais j’ai trouvé ici l’occasion et la possibilité de développer ma musique. Néanmoins, je songe à me faire une vraie place dans le paysage sénégalais et international. Mon équipe et moi, y travaillons.

Tu prépares actuellement un album, dis-nous en plus !
Oui, l’album est en préparation, de même que les modalités de promotion (diffusion, festival, concert …). On travaille vraiment pour donner qualité et vie à cet album qui devrait sortir l’année prochaine.

Tu es installé depuis maintenant 6 ans en France, près de Lyon, mais la culture sénégalaise est plus que jamais présente dans tes chansons. Tes origines sont une grande source d’inspiration pour toi ?
Je suis née et j’ai grandi au Sénégal donc j’ai baigné très tôt dans la musique africaine (djembé, kora, balafon, tam-tam, sabar…). On vit dehors, chaque jour on entend de la musique dans les rues que ce soit dans les fêtes de village, les baptêmes, les mariages… Il est donc normal que l’on ressente cette empreinte dans ma musique qui est en moi. Mais « Doctor Lass & The Jungle Juice » est un mélange de pleins d’autres influences : rock, salsa, reggae … On cherche toujours d’autres couleurs pour enrichir notre musique.

Si tu devais nous faire écouter un seul de tes titres …
J’aurais voulu vous faire découvrir tout mon répertoire mais si il n’en faut qu’une, je vous laisse découvrir : « Diéguessima ».

Ecoutez le titre « Diéguessima » :

Tu as fait et fais encore beaucoup de festivals, concerts avec une énergie folle. Raconte-nous un de tes plus beaux souvenirs sur scène.
Oui, j ai fait déjà pas mal de concerts et de festivals en France mais celle qui m’a vraiment impressionné, c’est la première partie de « Toots and the Maytals ». Jouer, pour la première fois, à côté d’un artiste d’une telle renommée a été un vrai moment de plaisir qui m’a appris beaucoup de choses.

Propos recueillis par Leez

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